CULTURE BÉNINOISE


La multiplicité ethnique est une source incontestable de richesse culturelle pour le pays. L’empreinte de l’histoire marque plus particulièrement certaines communautés, à l’instar de la descendance créole brésilienne qui, de retour en Afrique, a rapporté un style architectural spécifique qui fait de la mosquée de Porto-Novo la réplique d’une église de Salvador do Bahia. De même que les traditions orales sont très ancrées dans la culture populaire (le Guèlèdè, genre oral majeur au Bénin, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco), les croyances et pratiques religieuses imprègnent la vie quotidienne des Béninois. La diversité des cultes témoigne du caractère pluriel de la société où les populations chrétiennes, musulmanes et animistes se côtoient.

 

GROUPES ETHNIQUES

La population dépasse les 9 millions d’habitants et la croissance démographique reste élevée. Le taux de fécondité est de 5,4 enfants par femme en âge de procréer. La population béninoise est donc très jeunes, 45% de la population a moins de 15 ans !

Les villes importantes sont pour la plupart implantées dans le sud et le long du littoral. Cotonou est la ville la plus importante avec 800 000 habitants, elle est souvent appelée capitale économique. Porto-Novo, capitale du pays, regroupe 250 000 habitants environs. Elle est suivie de Parakou (200 000 hts), Djougou, Nattitingou, Abomey, Kandi, Lokossa, Ouidah… Plus de la moitié de la population vit sur seulement 15% du territoire béninois : les départements du Sud.

Avec ses quelques 46 ethnies, le Bénin présente une grande diversité culturelle. Cependant, la population se regroupe autour de trois ethnies principales : adja-fon, yoruba et bariba. Mais l’histoire du Bénin s’est aussi construite de métissage : les Yoruba mêlés aux Adja ont donnés naissance au Gun qui se trouve majoritairement à Porto-Novo, dans le département de l’Ouémé-Plateaux. D’autres sociétés restent en revanche isolées, comme les Peuls ou les Bètammaribè.

 

Les Adja-Fon

La cité de Tado, au Togo actuel, est le berceau des peuples du sud du Bénin d’origine adja.

La migration de ces peuples est associée à une légende selon laquelle la fille du roi Tado rencontra un jour une panthère inoffensive (emblème du Bénin), qui lui donna, quelques mois plus tard, un fils du nom d’Agasu. Élevé à la cour du royaume, il devint ensuite père de nombreux enfants. L’un d’entre eux, Adjahuto, tua le prince héritier et s’enfuit avec le crâne et la lance d’Agasu vers Allada, où il fonda son royaume. Ses fils devinrent aussi rois : Meidji régna sur Allada, Zozérigbé sur Porto-Novo et Do-Aklin sur la région de Bohicon. Le neveu de ce dernier, Houégbadja, créa le royaume d’Abomey. Leurs descendants sont les Adja, Xwla, Huéda, Ayizo, Mahi et Gun. Mais la branche la plus importante, apparentée aux Adja est celle des Fon, à l’origine du puissant royaume d’Abomey.

Les Fon représentent 39,2% de la population béninoise. L’importance de ce groupe ethnique est telle que la langue fon est comprise jusqu’au nord du pays.

 

Les Yoruba

Les Yoruba, ou Nago, occupent le sud-est et le centre du pays. Originaire de l’actuel Nigéria, les yoruba sont implantés de très longue date au Bénin. On raconte qu’Odudua, ancêtre mythique qui a fondé la ville d’Ifé au Nigéria, envoya ses fils fonder de nouveaux royaumes. Les descendants du royaume d’Ifé créèrent ainsi les royaumes de Savé et Kétou. Constituant 12,3% de la population, les Yoruba sont concentrés au sud-est et au centre-est du pays. La plupart sont des commerçants et dominent le marché de Dantokpa à Cotonou (un des plus grand marchés d’Afrique de l’Ouest). Les Nago qui sont installés plus au nord de Porto-Novo, pratiquent essentiellement l’agriculture. Enfin, les afro-brésiliens, ces descendants d’anciens esclaves affranchis revenus du Brésil, sont également d’origine Yoruba, et se distinguent dans le passé par leur bon niveau d’instruction.

 

Les Bariba

Venus de Busa au Nigéria, les cavaliers bariba auraient envahi Borgou il y a environ 500 ans. Leur chef se nommait Sounon Séro, et l’un de ses descendants, Séro Sykia, fonda la ville de Nikki qui devint le centre d’un puissant royaume de type féodal réunissant les royaumes de Kouandé, Parakou, Kandi…

Les Bariba sont essentiellement présents dans le Borgou, au nord-est du pays, et constituent 9,2% de la population béninoise. Ils se différencient selon leur appartenance sociale :

Les Wassangari : aristocratie des cavaliers originaires de Busa.
Les Gando : autrefois esclaves, ils sont devenus cultivateurs ou artisans.
Les roturiers : cultivateurs ou artisans descendant des populations préexistantes.
Contrairement aux Yoruba et aux Adja conquis majoritairement évangélisés, les bariba pratiquent toujours une religion traditionnelle basée sur les esprits des ancêtres et les génies. Toutefois, ils sont de plus en plus perméables à l’Islam, comme le montre le nombre croissant de mosquée dans le nord-est du Bénin.

 

Les Peuls

Aussi appelés Fulbe et Fulanis, les Peuls ont fait l’objet de nombreuses recherches sur leurs origines. Disséminés dans toute l’Afrique de l’Ouest, ce peuple de pasteurs est vraisemblablement issu des populations qui habitaient le Sahara à l’époque néolithique et qui ont peint les fresques de Tassili.

Nomades et éleveurs de bovins, certains ont été islamisés (Peuls noirs), d’autres ont gardé leur croyances traditionnelles (Peuls rouges). Au Bénin, les Peuls cohabitent harmonieusement avec les peuples sédentaires et se rencontrent surtout dans le nord du pays, faisant paître leurs troupeaux de vaches dans la vallée du fleuve Niger. Ils représentent 7% de la population. Chaque année, à la fin de la saison des pluies, toute la communauté se retrouve à Kandi pour célébrer la grande fête du Gereol.

Le bétail est leur principale richesse. Ils l’accumulent en prévision de la sécheresse, de la dot et des échanges traditionnels. Ils échangent le lait contre du mil ou des produits manufacturés.

 

Autres ethnies

Il faut aussi citer les Bètammaribè, dits Somba, qui représentent 6,9% de la population et qui vivent dans l’Atakora depuis plusieurs générations. Leurs ancêtres s’étaient réfugiés dans les montagnes pour échapper aux cavaliers Bariba et aux razzias esclavagistes du royaume d’Abomey. Se sont mêlés à ce groupe les Berba, les Yowa venus du Togo, et les Gulmaceba venus du Burkina Faso.

On trouve aussi dans le nord-ouest les Dendi qui ont quitté le Mali en descendant le fleuve Niger au XVIe siècle.

 

Enfin, au sud, on trouve les Mina (2,8% de la population), originaires du Ghana et peuplant la région de Grand-Popo.

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